dimanche 20 octobre 2013

Bastia soutient la châtaigneraie corse 

Écrit par Anna le 19 octobre 2013 
Opération "Salvemu i castagni" avec le SC Bastia.Les joueurs bastiais étaient la semaine passée au centre de la Corse pour un stage de 3 jours afin d’apporter leur soutien au Groupement Régional des Producteurs et Transformateurs de Châtaignes et Marrons de Corse face à la crise que rencontre la Châtaigneraie insulaire.
Opération « Salvemu i Castagni » oblige, les joueurs bastiais porteront pour la première fois leur troisième maillot aux couleurs du maquis corse, avec short et bas blancs afin d’assurer un contraste parfait avec les couleurs du PSG.
La mention « salvemuicastagni.org » figurera même dans le dos du maillot des Bleus.

 

Salvemu i castagni

Pour organiser la lutte contre le Cynips, un comité de pilotage (Copil) a été créé en 2010. Il rassemble toutes les régions castanéicoles françaises ainsi que les organismes scientifiques, de lutte et les différentes organisations professionnelles et techniques. Unes des premières actions du Copil est l’organisation des premiers lâchers de Torymus, seul moyen de lutte biologique connu et efficace.
En Corse, il a déjà été procédé à trois campagnes de lâchers de Torymus. Deux générations ont même été déjà confirmées sur plusieurs communes.
La section professionnelle du Copil vient de créer le premier Syndicat National des Producteurs de Châtaigne (SNPC), qui a pour priorité la mise en place des mesures de soutien à la profession pour palier aux pertes de production liées au Cynips.
Sans ce soutien au niveau régional, les scénarios sont :
- Abandon de la châtaigneraie productive et tous les investissements depuis 20 ans.
- Perte de la production de Farine de châtaigne corse pour les professionnels, mais aussi impact sur l’ensemble des secteurs de l’agroalimentaire et de la restauration.
- Diminution de la production de Miel Corse de châtaigneraie.
- Perte de la caractéristique gustative et qualitative de la charcuterie corse, qui a obtenu son AOC dernièrement. Perte de la ressource alimentaire pour différents élevages.
- Risque de voir disparaître la châtaigneraie actuelle.

Pour toutes ces raisons et pour l’avenir de notre île, n’hésitez pas à rejoindre le Sporting Club de Bastia dans sa démarche en souscrivant sur www.salvemuicastagni.org afin de financer l’achat de Torymus sinensis pour les lâchers 2014 sur l’ensemble du territoire castanéicole corse impacté par le Cynips


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Cynips
Le torymus sinensis pourrait empêcher l'invasion du cynips et sauver les châtaigneraies corses Photo José Martinetti

Face à l'avancée ravageuse du cynips, la lutte se prépare sur la base de lâchers d'un insecte parasite pour sauvegarder les châtaigneraies de Corse, le torymus sinensis. Une campagne coûteuse qui a imposé l'appel aux dons. La réponse est plutôt positive.
Ces deux dernières années, des lâchers de tyromus sinensis, une microguêpe qui tient lieu d'insecte parasite face au cynips, ont été réalisés à titre expérimental. Le résultat montre qu'il s'est bien adapté à l'environnement et qu'il remplit correctement son rôle.
De nouveaux lâchers sont programmés dans le cadre d'une lutte sur le long terme. Celle-ci devrait permettre de sauvegarder à l'horizon 2022 la majorité des micro-régions.
Une lutte qui a, en partie, pu être mise en place grâce à des appels aux dons soutenus par des partenaires privés, institutionnels mais aussi des particuliers.


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Lâcher de micro-guèpes pour lutter contre le  - 21061534.jpg
C'est dans la châtaigneraie de Rusiu, exploitée par le GAEC San Cervone de Frédéric Moretti et Pierre Pastinelli, qu'une introduction de torymus sinensis a eu lieu cette semaine. Une opération menée sous la responsabilité de l'Inra Sophia Antipolis dans le cadre d'un programme national de lutte contre le cynips.José Martinetti


Comme annoncé, des torymus sinensis ont été introduits dans plusieurs régions de l’île. 
Objectif : minimiser les effets du fléau qui engendre 80%de perte de production. Mais il faudra du temps
On l'appelle très officiellement auxiliaire de lutte biologique. Et même si ses effets ne seront pas spectaculaires immédiatement, c'est le seul moyen dont on dispose aujourd'hui pour tenter de se débarrasser d'un fléau. Celui qui menace une filière, une économie, un patrimoine. Comme cela avait été annoncé, des torymus sinensisont été introduits dans la châtaigneraie insulaire pour contrer les ravages ducynips. Un insecte sauveur contre un insecte ravageur en quelque sorte.
Explications avec Carine Franchi, animatrice de la filière castanéicole au groupement régional de producteurs et transformateurs de châtaignes et marrons de Corse (GRPTCMT).

Le combat sera long
« Le torymus sinensis est une microguêpe, qui est sans danger pour l'homme et les autres espèces animales ou végétales. Elle ne s'attaque en fait qu'au cynips. Sa femelle pond directement dans les galles. Les larves s'y nourriront jusqu'à la fin de leur développement. »C'est dans le cadre d'un programme d'envergure nationale, placé sous la responsabilité de l'Inra de Sophia Antipolis, que des lâchers ont pu être organisés en Corse. Plusieurs châtaigneraies, sélectionnées en fonction de la présence du cynips, ont déjà bénéficié de ce dispositif. Dont celle exploitée par le GAEC San Cervone à Rusiu où une introduction de torymus a été pratiquée jeudi dernier. Entamée en 2011, cette campagne a pour objectif de couvrir un maximum de territoires.
Des secteurs « cynipsés » comme on dirait des zones sinistrées. Et la comparaison entre les deux expressions n'est pas inappropriée puisque, nous l'avons déjà écrit à diverses reprises, le parasite peut générer jusqu'à 80 % de pertes de production sur les exploitations. « Aujourd'hui, le torymus est donc le seul moyen de lutte vivant. Dans un an, on en verra les premiers résultats. Mais, il ne faut pas se leurrer, ce sera très long. Et on devra probablement attendre une dizaine d'années pour parvenir à un équilibre. »En clair, le cynips ne disparaîtra plus jamais de la châtaigneraie corse. Mais, la présence du torymus permettra d'en limiter les effets néfastes. « Si les premiers retours d'expérience sont assez rassurants, cela ne suffira pas. Le cynips menace la survie de la châtaigneraie corse. Je n'ai pas peur des mots : nous sommes face à un drame écologique, économique et patrimonial. Des mesures fortes doivent donc être prises rapidement »,argumente avec conviction Carine Franchi, qui a des idées bien précises sur la question.
En attendant, c'est à une châtaigneraie en péril que le torymus sinensisva s'acclimater. On l'espère en tout cas.